Machaon : de la chenille à la chrysalide
Gros plan sur le passage du stade de la chenille à la chrysalide chez le papillon Machaon (Papilio machaon)
Ressembler à un beau papillon et faire l’admiration de tous se mérite. La preuve.
La chenille passe son existence à se nourrir, effectuant quelques mues, grandissant petit à petit, tout en changeant d’aspect.
La dernière mue de la chenille est aussi la première mue de métamorphose, entre le stade de larve et d’adulte (imago).
Arrivée à son dernier stade, un important bouleversement se prépare. Elle devient nerveuse, s’agite, quittant sa précieuse réserve de nourriture pour trouver « le » support sur lequel elle restera avant de se transformer en papillon adulte. Choix cornélien, il ne faut pas se tromper.
Puis elle se retourne, afin de secréter un petit coussinet de soie qui lui servira de support.
Elle se retourne à nouveau et s’y accroche avec ses pattes anales. Elle confectionne alors une ceinture de soie, qu’elle positionne autour de son corps par de nombreuses contorsions. Elle effectue de nombreux mouvements de la tête de part et d’autre de son support, épaississant progressivement le fil.
Une fois celui-ci jugé assez résistant, elle s’immobilise, suspendue à ce mince cordon et en appui sur ses pattes anales.
Après plusieurs heures pendant lesquelles la chrysalide (ou nymphe) se forme à l’intérieur, vient enfin le moment ou sa dernière enveloppe de chenille devient trop étroite, et celle-ci se fend alors derrière la tête, laissant apparaître la chrysalide.
Il s’est passé ici environ 1 jour et demi entre l’immobilisation de la chenille après le tissage de sa ceinture et le début du passage en chrysalide.
Après de nombreux mouvements, dilatations, …, la nymphe se dégage, laissant à ses pieds son ancienne enveloppe.
Mais cela ne semble pas encore la satisfaire. Elle se décroche du petit coussinet de soie et, par de nombreux mouvements, se débarrasse de ce reste d’ancienne peau
Puis elle se raccroche au même endroit au moyen de petits crochets (appelé crémaster ou mucron, sorte de velcro) situés à son extrémité arrière.
On distingue différentes parties du futur papillon, à l’état d’ébauche, comme les antennes, les ailes,…
Puis vient la longue attente, pendant laquelle la chrysalide se solidifie, puis change de couleur au contact de l’air.
Un repos bien mérité, après cette vie passée à chercher de la nourriture, et à éviter tous les pièges de la vie, risquant à chaque instant de voir son existence réduite à l’état de nourriture pour des mésanges, souris, …
Sa seule défense est alors son mimétisme, la chrysalide prenant bien souvent les couleurs du support sur lequel elle est fixée, vivant sur les réserves accumulées au stade de chenille.
On peut voir ici deux chrysalides très probablement issues de la même « portée » (leur passage en chrysalide s’est effectué à 24h d’intervalle), sur un support différent, et dont les couleurs, quelques jours plus tard, sont très nettement différentes.
Se déroule alors à l’intérieur une bien étrange métamorphose : d’un mucus amorphe, s’effectue alors une dissociation des tissus (en partie), puis une (ré)organisation des organes, les viscères et l’appareil digestif se réduisent, le cerveau grossit, les organes reproducteurs apparaissent,…
Ce type de chrysalide positionnée la tête vers le haut et retenue par une ceinture de soie est appelé chrysalide succincte, au contraire de la chrysalide suspendue, qui elle n’est retenue que par son crémaster (crochets anaux), la tête en bas.
Les scénaristes de science-fiction n’ont rien inventé. En observant ce spectacle, la petite phrase « la réalité dépasse la fiction » prend tout son sens.
Il reste encore une étape cruciale : se transformer en papillon.
Mais cela est une autre histoire.
… À suivre … peut-être.
Et pour voir la transformation en vidéo, c’est ici :
Machaon : de la chenille à la chrysalide, la vidéo









